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 wicked game.

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Reese Carstairs
but everything's turning dark to you.
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Credits : romane ● tumblr.
Quote : « she was born of fire, of unhampered desire, strong as stone »
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MessageSujet: wicked game.   Ven 10 Fév - 20:56



x x x
" What a wicked game to play, to make me feel this way
What a wicked thing to do, to let me dream of you "

Reese a hésité. Elle a hésité si fort qu'un flot d'interrogations est venu taquiner son esprit. Elle a composé cent fois le numéro de Rob avant de se raviser. Elle a commencé un simple message en effaçant chaque lettre pour les ordonner à nouveau ensuite. Depuis la soirée au casino, les amants terribles ne se sont pas revus. Lui, certainement accaparé par ses affaires. Elle, retenue à la charge par un époux aveuglé. Ils ont échangé quelques mots sans arriver à les concrétiser. Un manque certain. Le besoin viscéral de le revoir. De l'embrasser. De goûter à sa peau comme en le découvrant la première fois. Se dire que cette soirée, ce n'était pas qu'un moment de plus. Qu'ils n'allaient pas à nouveau tenter de se dire adieu – comme à chaque fois. Ainsi, quand Luke a quitté la ville ce matin pour affaires, le cœur de la rousse se débarrassa d'un poids énorme. Un baiser pour la forme, une main levée dans l'embrasure de la porte. En se retrouvant seule, Reese avait eu la sensation de revivre. De pouvoir agir comme bon lui semblait. De quitter la prison dorée que Luke oppressait autour de sa fine silhouette – sans même le remarquer. Alors après des minutes à peser le pour puis le contre, elle avait osé. Ecrire à Robbie. Lui dire que Luke avait quitté la ville. Qu'elle avait besoin (et surtout envie) de le voir. Elle resta énigmatique. Un simple point de rendez-vous au lac de Sand-Valley à dix-neuf heures tapantes. Rien de plus. Il répondit positivement à la requête de la rousse. Un simple message qui suffisait à éteindre un peu ses craintes. Alors, elle est là Reese. Debout au beau milieu de sa chambre. Elle se regarde dans le miroir. Vêtue d'un simple jean et d'un chemise blanche en soie. Elle passe une main dans sa chevelure rousse. Chevelure en cascade tombant sur ses épaules. À peine maquillée. Comme si avec Robbie, les artifices semblent inutiles. Reese paraît nerveuse. Se sentant presque comme une idiote qui attend son premier rendez-vous. Pourtant, avec l'homme, c'est qu'un recommencement qui termine pas. Elle se demande à quoi tout ça va rimer. Le revoir, vivre à nouveau une relation que ni elle, ni lui, ne se risqueront à nommer. La jouer fine pour échapper aux regards indiscrets de certains. Ne pas risquer de foutre en l'air son mariage. Pas que ça lui importe. Au fond, Reese attend que ça. Se débarrasser de Luke. Arrêter de se faire violence. En restant, c'est un moyen de protéger Rob. Parce qu'elle sait. Que si son mari vient à tout découvrir, les affaires du trader vont s'écrouler. Il risque de perdre gros. De perdre la seule chose qui le fait pas flipper : son business. Comme si à côté, la présence de Reese semble bien superflue. C'est en tout cas ce qu'elle pense (et redoute) avec tristesse. Lâchant un soupir, la rousse finit par reprendre de sa splendeur. Sa grâce s'allie à son charisme alors qu'elle descend les marches de la grande demeure. Arrivant en bas, elle attrape une bouteille de champagne et son sac. Rien de plus. Pas besoin de superflu quand on passe la soirée avec Reynolds. Ils ont su se contenter de peu – tant qu'ils étaient ensemble. Des soirées dans des bars à la con. Des soirées dans des hôtels à savourer la douceur des draps. Et la chaleur de leurs corps. À valser dans chaque pièce de la villa Carstairs quand le roi était absent. Alors ce soir, elle s'en fiche de l'argent. Des billets. Des jolies choses placées dans des jolis endroits. Elle foule le sol de la ville, avec cette appréhension qui fauche son cœur. Plus elle s'approche du lieu dit, plus elle a peur. De ne pas retrouver le Rob du Casino. De le sentir froid et apeuré par leur relation.  Elle chasse ses idées tant bien que mal. Le lac, elle aime s'y rendre depuis son arrivée ici. Elle a découvert l'endroit et s'y est rendue pour peindre. Retracer sur une toile les mouvements légers de l'eau. Peindre avec exactitude le reflet de la lune sur le bleuté de l'eau. Les couleurs contrastantes avec un talent à part. Un talent nommé silence. Reese y tenait. Après de longues minutes de marche, elle arrive. Le lieu est désert. Rarement fréquenté à cette heure du soir, encore moins à cette période de l'année. Elle ôte ses chaussures et foule le sol sableux. En arrivant au bord du ponton, elle s'installe. Là, assise. Les prunelles émeraudes captant l'horizon. Elle observe le détail de ce paysage qui suffit à l'apaiser. La bouteille de champagne posée à droite. Son sac de l'autre. Elle attend. Son regard se perd sur sa montre quelques instants. Quand à dix-neuf heures, elle entend des pas derrière son dos, son cœur sursaute. Elle reconnaîtrait cette mélodie parmi mille. Elle le reconnaîtrait parmi une foule d'inconnu. De dos, de loin. Elle s'est imprégnée de ce qu'il était pour ne plus s'en défaire. Elle ne se tourne pas. Presque gênée de le voir. Encore plus après la manière dont leurs retrouvailles se sont soldées. Après un silence de plomb, ses lèvres s'entrouvrent. « Pile à l'heure » Souffle-t-elle dans un sursaut de malice avant de reprendre. Elle ne se retourne pas. Elle ne le fixe pas. Elle reste ancrée à la vue lointaine. Au bruit de l'eau qui s'éloigne et revient. « J'ai apporté le champagne » Et à ses mots, Reese se redresse. Elle se lève et finit par oser lui faire face. Son regard croise celui du trader. Elle esquisse un sourire à peine visible avec la nuit qui s'enfonce dans le paysage. Tout ça pourrait ressembler à une soirée romantique. Le genre de soirée dont toutes les héroïnes de films rêveraient. Pour Reese, c'est pas le cas. Elle a jamais été adepte de ce genre de choses. Entre eux, ça n'a jamais été le champ libre aux mots tendres et à l'ivresse nommée romantisme. Entre eux, c'était je t'aime moi non plus. On se fuit, on se trouve et on baise. On se dit rien mais on n'en pense pas moins. On se refuse d'assumer mais on crève de fuir. On se dit pas adieu mais on se dit pas non plus qu'on tient l'un à l'autre. Silencieuse, elle tend à peine sa main vers lui. Pour lui faire signe de s'approcher. De venir à ses côtés. De capturer ses lèvres comme personne d'autre ne saura le faire. D'oublier ses affaires pour un soir. D'oublier Luke. D'oublier tout sauf eux. Demain signera peut-être un nouvel oubli. Mais ce soir, c'est eux. C'est rien de plus. C'est tordu et interdit. Et foutrement vivifiant.

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Robbie Reynolds
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MessageSujet: Re: wicked game.   Jeu 23 Fév - 16:09

Charles avait rapidement compris l’état de la situation quand il avait vu le regard de Robbie, son expression, alors que son client enserrait la taille de sa femme pour l’emporter avec lui dans sa voiture, en direction de la maison où le couple allait terminer la nuit. Il avait eu la délicatesse de ne faire aucune réflexion, de ne poser sur Rob aucun regard insistant. Robbie lui en était silencieusement reconnaissant, la soirée avait été suffisamment difficile à supporter – depuis la gestion du flot ininterrompu de sensations, de sentiments contradictoires que Reese avait fait naitre en lui, jusqu’à la contrariété finale incarnée par Luke Carstairs, que Rob avait eu envie d’éclater contre le pare-choc de sa bagnole l’espace d’une minute. Il avait fini par hausser les épaules et se dégager du poids de ce fardeau. Elle était mariée, c’était le jeu. Il n’avait fait aucune fleur à Luke en le laissant repartir avec la femme à laquelle il venait de faire passionnément l’amour : c’était simplement normal. Il n’avait pas réécrit à Reese, ne l’avait pas appelée non plus, ni rencardée quelque part. Pour être honnête, il avait attendu, sagement, de l’oublier. Un échec complet. La seule paix qu’il avait trouvée en lui n’était qu’une manifestation de patience, seulement la prise en compte raisonnable du temps qui le séparait de la revoir. Aussi, quand le prénom de Reese s’est affiché sur l’écran de son téléphone personnel (elle n’est pas répertoriée sur le pro, au cas où l’idée lui serait venue de l’appeler tandis que Rob était en rendez-vous avec Luke), il fut légèrement contrarié de comprendre qu’elle l’attendait près du lac de la ville. Un lieu public, blindé de joggeurs, de vieux promeneurs et de familles avec enfants. Sachant qu’il pouvait difficilement se tenir devant elle plus de dix minutes sans lui sauter dessus, ça paraissait un plan plutôt foireux. Peut-être avait-elle choisi exprès ce lieu de rendez-vous pour le maintenir à distance ? L’idée qu’elle le fasse venir pour lui suggérer d’arrêter de se voir lui avait traversé l’esprit également. Dix-neuf heures, qui plus est, de quoi se passer de l’apéritif en regardant un lac comme deux poissons ?... C’est légèrement soucieux, peut-être un peu vexé, qu’il referme la porte de sa chambre d’hôtel, dans laquelle il est passé déposer son attaché-case et changer de blouson après son dernier rendez-vous de la journée, et prend le chemin du lac. Il s’est arrêté à la réception pour demander à l’hôtelier une bouteille de son meilleur vin, et est reparti avec entre les mains un vin d’origine française. Etant donné que près d’un lac, on a rarement des verres et des tire-bouchons à disposition, il a fait ouvrir puis refermer la bouteille, et n’a pas pris de verres avec lui, suggérant l’idée de boire un vin de luxe à même le goulot – quelle importance ? Cette soirée avec Reese, il la sent moyennement. Il descend les quelques marches qui permettent d’accéder à l’esplanade bordant le lac, la repérant parmi la foule, de dos, ses cheveux flamboyants ondulant contre sa nuque. Sans se presser, il parvient jusqu’à elle et se stoppe sans se faire entendre, préférant la regarder un moment sans être vu d’elle. Elle est toute fine, Reese, si légère qu’une bourrasque serait presque capable de l’embarquer avec elle. Il sursaute lorsqu’elle s’adresse à lui, sans même l’avoir vu de ses yeux émeraude toujours si brillants, ouverts si grand. Elle l’a reconnu au parfum ou quoi ? Elle annonce avoir apporté le (et pas du) champagne, et il attend qu’elle se tourne vers lui pour enfin la regarder, sonder le vert de ses iris tandis qu’elle l’observe en retour. Le champagne qu’elle lui montre le contrarie. C’est celui de Luke, il le reconnaît pour l’avoir souvent bu aux côtés du mari, pour fêter les gros investissements que Rob lui avait dégotés. Mais le meilleur d’entre tous, nommé Reese, Robbie l’avait célébré avec le cadeau en personne. Souvent, ils se sont retrouvés seuls chez elle et Luke, se moquant de l’écho de la présence du mari rôdant encore dans la maison tandis qu’ils s’y étreignaient. A présent, et après la soirée du casino, Rob n’a aucune intention de boire avec Reese quoi que ce soit qui ait été commandé, payé par Luke. Il ne sait d’où lui vient cette agressivité soudaine envers l’un de ses meilleurs investisseurs, et il n’a aucune intention de chercher à la comprendre. Il lève un bras et montre à Reese la bouteille qu’il a lui-même amenée. — Je serai plutôt vin, pour commencer. Le champagne, ça passe à l’hôtel, au restaurant, mais face à un pauvre lac – artificiel qui plus est – qu’ont-ils donc à fêter ? Reese tend une main vers lui, le minimum du minimum question marque d’intérêt. Et encore, ça reste un geste discret, imprécis. Sans trop savoir ce qu’elle attend de lui, il se rapproche d’elle et se tient face à elle, presque dans l’attente qu’elle prenne la parole et avoue ce pour quoi elle l’a fait venir ici. Face au silence de Reese, il reste dubitatif. — Est-ce que… cet endroit est important pour toi ? Il demande en désignant négligemment le coin d’un mouvement de la main. La vraie question, c’est surtout « qu’est-ce qu’on fout ici, alors qu’on devrait être ailleurs ? »

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MessageSujet: Re: wicked game.   Jeu 23 Fév - 18:09

Est ce que Reese aurait dû oublier Robbie après l'épisode du casino ? Assurément. Elle aurait dû. Dans la logique des choses, il aurait pu filer de sa mémoire comme un souvenir abîmé. Ça aurait été simple pour ses affaires à elle et surtout celles du trader. Ni vu, ni connu. Chacun aurait repris le fil bien rodé de leur existence. Elle, à se complaire dans un mariage foireux dont l'intérêt semblait bien incertain ces derniers temps. Lui, à se satisfaire de nouveaux contrats avec les hommes les plus riches et les plus dociles. Ils auraient pu se recroiser au hasard de quelques soirées. Échanger des banalités à se donner la gerbe et sourire pour camoufler la réalité. Celle qu'on préfère ignorer. Celle qu'on n'avoue qu'à demi-mots tellement ils sont lourds de sens. Reese n'a pas s'y résoudre. Elle se revoit. Debout. Le corps paralysé par les mains de Luke. Le mari reprenant tous ses droits sur son épouse. Elle peut discerner la colère sur le visage d'un Robbie aussi surpris qu'agacé. Elle repense à la gêne de ce pauvre Charles. En rentrant, le trajet s'est fait dans le silence. De la part de la rousse en tout cas. Luke, lui, vantait les mérites de nouveaux investisseurs. Il évoquait ses affaires avec une fierté déconcertante. Reese ne disait rien. Son regard émeraude et brillant s'attachait à détailler la route qui défilait. Elle avait la nausée. Elle avait le cœur lourd. Sa peau brûlait encore d'un désir nommé Robbie. Elle aurait pu vendre son âme au diable pour revivre cet instant. Pour renaître tout simplement sous les phalanges expertes du trader. Sentir son souffle chaud et sa peau contre la sienne. Observer ses yeux et mourir dans l'ombre de leur brillance. Repeindre le tableau de ce moment pour s'en délecter à tout jamais. En arrivant au sein de leur demeure, elle est montée au premier étage. Enfermée dans la salle de bain, elle s'est laissée glisser le long de la porte. Elle a laissé quelques larmes dévaler ses joues rosées. Larmes de rage, de déception, d'amertume. Mélange explosif qui a bouffé son cœur – un peu plus. Quand Luke a frappé à la porte, elle s'est relevée. Un peu d'eau sur son visage, une nuisette enfilée et elle est sortie. Il était là. Assis au rebord du lit, attendant sûrement de voir son épouse se mettre à genou et descendre son caleçon. Reese a fixé l'homme. Quelques secondes silencieuses qui ont rendu l’atmosphère encore plus pesante. Elle est allée se coucher sans un mot. Sans une étreinte. Sans une douceur à l'encontre de Luke. Déçu, l'homme n'a rien dit. Il s'est allongé aussi tournant le dos à une épouse froide comme un iceberg. Les lumières se sont éteintes comme un chapitre de plus qui s'achevait. Les souvenirs de cette nuit apparaissent comme une claque en plein visage au moment de détailler Robbie. Elle sent. Qu'il n'est pas à l'aise. Qu'il n'a pas l'air convaincu par cette soirée. Il est froid. Il ne lui offre qu'un regard de considération – pour la forme. Il semble en colère. Une colère qu'il cherche à dissimuler derrière son attitude légendaire. Reese se sent mal. Tout son corps est prêt à trembler. À s'écrouler à même le sol. Elle ne s'attendait pas à des retrouvailles tendres et amoureuses. Mais ce qu'elle est en train de voir sous son regard émeraude – non plus. Sa gorge se serre. Sa mâchoire se crispe. La brise qui vient caresser la blancheur de sa peau devient soudainement plus glaciale. Comme si son petit corps pourrait défaillir sans reculer. Ils sont là. Face à face. Les amants maudits. Des amants qui deviennent à s'y méprendre des inconnus. Là, tout de suite, dans la noirceur de la nuit. La lune a beau trouver sa source au dessus deux, il n'y a plus rien de lunaire. C'est comme un combat engagé sans que Reese ne comprenne pourquoi. Elle regrette maintenant. D'avoir écrit. D'avoir voulu le revoir. D'avoir osé l'amener ailleurs que dans un lit ou contre la dureté d'un mur pour s'envoyer en l'air. Elle regrette d'avoir voulu lui faire découvrir une partie d'elle. Pas une partie mensongère. Une partie sincère. Ce lac, cette vue, cet endroit apaisant où son talent a pu renaître de ses cendres. Un talent dont elle aurait aimé lui parler. Pourquoi ? Elle n'en sait rien. Peut être pour apparaître comme autre chose qu'une catin qui abuse du fric d'un vieux vicelard. À croire que c'était la plus mauvaise idée au monde. Elle l'écoute sans rien dire. Quand l'interrogation de Rob s'appose dans l'air, la rousse soulève un sourcil. Elle recule d'un pas. La distance forçant de ses droits entre eux. Elle a envie de rire. Nerveusement. De rage aussi. Elle voudrait se barrer et oublier sa brillante idée. Elle voudrait aussi pouvoir le chasser lui. De son esprit. De son corps. De son âme. Qu'il arrête de la posséder. Tout le temps un peu plus. Comme un putain de diable qui a pris possession d'une vagabonde. « S'il était important, ça changerait quelque chose pour toi ? » Est ce qu'il serait plus avenant ? Moins renfermé ? Est ce qu'il se comporterait avec un plus d'égard ? Est qu'elle aurait le droit pour une soirée de revivre à nouveau face à lui ? Grâce à lui?  Des interrogations en suspend – comme tout le reste à présent. D'un ton amer, marqué par sa déception, elle continue à causer. « Le lieu est désert à cette heure-ci. Je viens assez souvent pour le savoir. Personne ne nous verra si c'est ce qui te préoccupes tant. » Evidemment que c'est ça le problème. Prendre le risque d'être vu en présence de Madame Carstairs. Prendre le risque d'entendre les gens parler. Prendre le risque de perdre un gros client. Et tant pis si on perd encore plus en voyant la silhouette rousse disparaître à jamais de sa vie. Les affaires. Ses putains d'affaires. A quoi pensait-elle ? Naïve qu'elle a pu être en pensant compter un peu malgré tout. Ne bougeant pas, sa silhouette reste égale à ce charme qu'elle dégage. Sa cage thoracique se soulève et le rythme de son souffle crée une mélodie dans le silence pesant. « Si ta présence ici relève d'une corvée pour toi, fallait pas venir Rob » Dit-elle en le fixant. C'est évident qu'il n'est pas ravi d'être là. Qu'il est venu pour la forme, pour se donner bonne conscience ou pour assassiner un peu plus l'ego de la rousse. Ses yeux deviennent plus brillants qu'à l'accoutumée. Elle mordille ses lèvres vermeilles. Elle voudrait lever le drapeau blanc. Se rapprocher et frôler sa peau. Lui dire qu'elle voulait seulement passer une soirée au calme. Qu'elle avait besoin de le revoir. Qu'elle a besoin de lui. Qu'elle regrette pas. Ni d'avoir faibli. D'avoir recouché avec lui. D'avoir sentir son cœur prêt à bondir hors de sa poitrine tant les sensations furent folles. Mais rien. Ses lèvres demeurent closes alors que ses poings se serrent. « Je devais faire quoi après le casino ? Me pointer à ton hôtel, faire tomber mon manteau, te sauter dessus et repartir une fois qu'on aurait été rassasiés tous les deux d'une bonne baise passionnée ? » La vulgarité de Reese sur le moment contraste avec la douceur de ses traits. Elle n'a plus le visage d'une séductrice. D'une prédatrice prête à bondir sur sa proie. Elle ressemble à une gamine déçue, une gamine abîmée. Reese, quand on la regarde vraiment, c'est une poupée de chiffon. Elle a été traînée par-ci et par-là. La demoiselle pensant devenir porcelaine comme par magie. Grâce à l'argent, grâce à ses mensonges. Mais rien. Elle n'est que chiffon. Elle n'est que blessure. Elle n'est qu'amertume. « Peut-être que tu aurais juste préféré ne plus avoir de mes nouvelles en vérité. » On sait pas se dire adieu. Les paroles passées du trader viennent cogner contre sa boîte crânienne. Son regard brillant capte une dernière fois celui de l'homme. Mais fragilisée, Reese baisse le visage. Elle se retourne, offrant la vue de son dos à Rob. Sans un mot supplémentaire, elle retourne s'assoir au bord du ponton. La mélancolie de leur histoire teinte son visage d'une mine désabusée. Elle observe la bouteille de champagne qui ne sert plus à rien. Qui n'aura jamais servi à rien. Sa main s'appose dessus et elle la fait rouler. Assez pour qu'elle chute dans l'eau du lac. Elle disparaît de la surface et s'enfouie dans les profondeurs. Tout est métaphore. Comme leur histoire. Alors pars, si tu le veux Rob. Sors de ma vie. Quitte mon âme. Abandonne mon cœur. Ne reviens pas pour repartir. Ne reviens plus pour me tuer à nouveau. Tout ça, nous, toi, moi, c'est trop, c'est tout. J'aurais aimé te convaincre. J'aurais aimé te suffire. Comme à chaque fois entre eux, c'est un éternel recommencement de mots inavoués. Alors elle y déroge pas. Elle voit sa bouche s'entrouvrir, les mots se bloquer. La suite n'est plus à même de lui appartenir.

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MessageSujet: Re: wicked game.   Ven 14 Avr - 11:24

Il va de soi qu’il a foiré quelque part, notamment et surtout en faisant montre de son tact devant l’éternel. Il n’a aucune idée d’à quel moment il a merdé, mais il suffit de voir le regard de Reese s’assombrir comme un ciel couvert en plein mois d’août pour comprendre qu’il a franchi la limite invisible. La mâchoire de Reese se raidit, et il ne fait aucun doute qu’il doit la regarder comme un demeuré, dans l’attente presque impérieuse de sa réponse – comme si, en effet, ça allait changer quelque chose. Il hausse les sourcils à l’entente de la réplique, des plus agressives. Ils partent mal. Pour une fois qu’ils se retrouvent ailleurs que dans une chambre, entre deux draps, il faut que ça rate. Rob ferme les yeux quelques secondes, rejetant la tête en arrière, comptant mentalement quelques instants de pause, de répit avant de les rouvrir pour les reposer sur les billes translucides et perçantes de Reese. Maladroitement, il attrape sa main dans la sienne, si fine, si blanche, si petite, et la presse avec douceur. — Ça lui donnerait peut-être une âme, explique-t-il dans un mince sourire. — Pour l’instant je n’en perçois pas vraiment le charme, il ajoute en embrassant d’un regard le lac artificiel et ses touristes ravis. Quel manque d’intimité, alors que justement, c’est tout ce dont il a besoin avec elle. Créer un cocon pour eux deux, se lover à l’intérieur, à l’abri du monde, à l’abri de lui, loin de soi-même. S’oublier avec elle là où aucun regard ne peut juger ce qui ne se condamne pas. Jamais il n’a culpabilisé de la désirer, de la posséder, encore et encore. Le bonheur est si rare, l’envie de le trouver presque inexistante : on ne renie pas ces instants où ils apparaissent au détour d’un chemin qu’on ne pensait pas emprunter. Il reste un moment interdit face à la suite : Reese a l’air persuadée qu’il est terrorisé à l’idée d’être vu en sa compagnie – par Luke ou tout autre espion apte à lui décrire la scène. Son regard bleuté cerne le vert des iris de Reese, s’adoucissant, attendri par sa colère mal placée. Il la laisse continuer, parce qu’elle semble avoir besoin de tout lâcher. Ça ne tarde pas à arriver, d’ailleurs, elle est lancée. Elle peste, siffle et crache comme un chat qu’on aurait viré de ses genoux alors qu’il y était parfaitement installé, et ça la rend encore plus attirante. Il sent sa poitrine se soulever au rythme où elle fulmine, il sait, parce qu’il la connaît, qu’elle a à la fois envie de lui en coller une et de se presser contre lui. Comme souvent avec Reese, c’est la vulgarité feinte qui prend la suite à la charge. Ses mots commencent par s’étrangler dans sa gorge en même temps que son ventre se serre, puis elle se détend brutalement et attrape au vol des mots qui ne lui ressemblent pas (« baise », « queue », « pipe ») en espérant se mettre à distance de la situation, de ses émotions. Il ne peut retenir un sourire qui le rend sans doute atrocement insolent. Elle atteint une sorte d’apothéose dramatique qui, si elle a le mérite de l’impressionner, a aussi celui de le faire relativiser. Tout ce qui le mettait hors de lui – la soirée au casino, Luke, ce putain de champagne – prend la fuite devant les débris que Reese lui présente entre ses doigts frêles. Il attend et elle aussi, sans doute un ressac pour lui, une réponse de sa part pour elle, mais leurs deux bouches s’entrouvrent sans qu’aucun mot n’en sorte. Alors il l’attrape par la taille et la rapproche de lui, tout contre son torse, son nez frôlant le sien. — On va se détendre un peu, d’accord ? Son ton est moqueur et gentil, mais ses yeux sont rivés sur les siens sans pouvoir s’en détacher. Au fond, c’est de sa faute si Reese est toujours si prompte à l'imaginer tourner les talons, si rapide à se sentir lésée ; c’est lui qui a installé ce rythme entre eux, cette incertitude. C’est lui qui, d’un geste habile et cruel, la fait danser et tournoyer sur le fil. Sa main attrape le goulot de la bouteille de champagne estampillée Carstairs et la balance dans l’herbe. Elle servira à d’autres qu’eux, sans doute moins riches et plus heureux. Il lit la surprise dans les pupilles de Reese. — Je veux pas de lui ici. Je veux rien de lui ce soir. Elle pourra sans doute remarquer qu’il est légèrement crispé, et peut-être que ça lui fera plaisir de constater que les réminiscences de Luke ne lui font pas « rien », mais bien « quelque chose » sur lequel on ne met pas le doigt. Il est nul pour la rassurer, nul pour s’expliquer, mais jusqu’ici, Reese s’est toujours nourrie de ses justifications en deux temps, ses phrases courtes, ses regards longs. Il fera avec, avec le lac artificiel, avec une Reese plus à fleur de peau que jamais, avec sa déception de ne pouvoir la dévorer au sens propre après l’échec du casino. Il est resté sur sa faim, il pensait qu’elle aussi. Jamais il n’aurait opté pour un romantisme platonique après que Reese lui eut été ravie par Luke. Mais ils étaient différents. Si peu semblables que c’en était presque alarmant. Leurs regards s’entrecroisent sans arrêt, comme pour chercher à lire en eux alors qu’ils ne parlent pas la même langue, ne partagent pas le même alphabet (et c’est cet acharnement à essayer quand même qui l'unit à elle, si fortement), quand au bout d’un temps, il demande d’une voix timide qui le surprend lui-même. — Je peux t’embrasser ? Il faudrait sans doute qu’il parvienne à se l’avouer à lui-même. L’espace d’un instant, il a pensé qu’elle l’avait fait venir ici, hors du cocon sexuel qu’ils partagent d’ordinaire, pour avoir une « discussion sérieuse » avec lui. Le larguer, ou encore lui suggérer de quitter Luke et de fuir avec lui cette ville dans laquelle ils étoufferont un jour à ce rythme. Peut-être qu’il pourrait admettre, tout simplement, qu’il a eu un peu peur. Comme toujours, peur d’elle, peur de lui, peur d’eux. C’est aussi ce qui le retient ici, elle dans ses bras et cette envie pressante, suppliante de l’embrasser et de posséder à peine ce qu’il se refusera toujours à avoir vraiment.

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MessageSujet: Re: wicked game.   Sam 22 Avr - 13:25

Quand Robbie attrape la taille de Reese, c'est toute sa colère qui s'écroule. L'effet domino de cette attirance inée. De cet amour qu'à demi-mots avoué. C'est comme un château de cartes qui tombe au sol. La reine maîtrisée par le roi. Le fou devenant témoin silencieux de cette histoire appelant trop souvent au chaos. Elle le toise de ses prunelles brillantes. Elle est anesthésiée par l'amertume. Un seul pas dans le réel. La rousse ne réalise pas le tourbillon qui s'offre à elle. Celui des paroles marquées par la foudre et la rage. La froideur première de l'homme d'affaires. Et maintenant, ce geste presque tendre. Leurs visages si proches que leurs souffles ne font plus qu'un. Elle reste statique. Sa silhouette devenant chiffon. Un chiffon que Robbie maîtrise – comme à chaque fois. Son échine frissonne. Elle sent cette décharge dans tout son corps. Sa raison lui dicte de s'éloigner. De ne pas craquer. De ne pas céder à ce qui pourrait suivre. Sa raison vient lui ordonner d'être forte. De ne pas faiblir et de rester maîtresse de ses actes. Mais son cœur se fait bourrasque. Elle devient muette. Incapable de bouger. Incapable de s'éloigner. Aimantée par ses sentiments. Aimantée par cet amour qui finira par la tuer. Robbie a ce pouvoir sur elle. Un pouvoir qui fait de la rousse une poupée de porcelaine. Elle tombe au sol. Elle se casse. Les morceaux se recollent pas. Mais elle continue. À le regarder de ses yeux amoureux. À espérer devenir autre chose que l'histoire de l'ombre. Sans lui dire. Sans l'avouer. Par peur de l'abandon – encore. De le voir filer dans l'ombre d'une nuit étoilée. Quand l'homme d'affaires attrape finalement la bouteille de vin détenue par Reese, il n'hésite pas à l'envoyer valser. Dans un coin de verdure. Loin de leurs regards. Loin d'eux. Rob se crispe. Elle le remarque à l'arrête de sa mâchoire. À ses prunelles qui s'assombrissent.  Reese ne relève rien des paroles masculines. Elle semble percevoir de la jalousie mais refuse de s'y raccrocher. Son amant s'est rarement montré possessif. Toujours lucide quand au fait que la rouquine appartenait à un autre. Elle voudrait pourtant lui dire. Que ce soir, il n'y a pas de Luke. Que quand ils sont deux, il n'y a personne autour. Il n'y a que eux. Ce duo endiablé. Ce duo qui finira par causer leur perte. Elle voudrait lui dire que ses pensées sont fixées contre les siennes. Que son époux n'est qu'un souvenir de l'enfer quand Robbie est dans les parages. Mais là encore, silencieuse, elle se contente de le fixer. Soudainement, sa poitrine se gonfle d'avantage. Sa cage thoracique se soulève en rythme avec la brise qui caresse sa peau. Les minutes passent et quand la requête de l'homme sonne dans l'air, c'est un tourbillon qui se crée dans les chaires de Reese. Un baiser. Une envie. Une demande. Un ton maladroit, mal assuré. Elle le fixe – prête à reculer. Prête à abandonner. Prête à ne pas se laisser avoir à nouveau. Elle devrait refuser. Elle devrait se forcer à sauver son âme. Mais impossible. Son âme ne lui appartient plus depuis longtemps. Son cœur encore moins. Elle hausse les épaules avec une fausse désinvolture. Les lèvres vermeilles à peine entrouvertes. « Je devrais te l'interdire » Son ton est froid.  Son visage devient flamme. Une flamme d'espoir. Une flamme de désir. Une flamme d'amour. Elle redevient sienne. Comme si elle n'a jamais cessé de l'être – même dans ses rêves les plus fous. Reese se colle alors à l'homme. Elle s'apparente à une féline en mal d'amour. En mal de tout. Ses mains agrippent avec une force certaine à la nuque de Rob. Son nez frôle le sien. Puis ses dents viennent attraper avec douceur ses lèvres. Elle esquisse un sourire complice. Et la valse s'engage. Sa langue prend plaisir à forcer la barrière de la bouche de Robbie. Elle l'embrasse avec passion. Comme si c'était la première fois. Comme si demain tout allait s'arrêter. Comme si demain tout n'existerait plus. La valse est douce. Langoureuse. Les étoiles brillent au dessus de leurs têtes. Et Reese revit. Elle se sent forte. Heureuse. Apaisée. Par ce simple baiser. Une valse qui devient tango. Pour permettre à la rouquine de gagner un peu. De sentir qu'elle mène la danse alors que le seul maître à bord, c'est lui. Toujours lui. Quand la demoiselle se recule, ses lèvres sont rougies par l'échange. Elle sourit. Puis très vite ses lèvres viennent dessiner la ligne de sa mâchoire. Elle embrasse la nuque de l'homme et remonte mordiller le lobe de son oreille. Elle ne quitte pas l'étreinte de son corps. Ses mains descendent sur son torse et agrippent à sa chemise. Leurs regards se croisent à nouveau. Il n'y a plus personne. Reese ne voit que Robbie. C'est un rêve éveillé. Métaphore d'une vie qu'elle voudrait vivre à ses côtés. Sans les mensonges. Sans toute cette mascarade. Putain qu'elle se sentirait vivante, si seulement lui aussi prendrait le risque de vivre. S'il prenait le risque de perdre un gros client. S'il prenait le risque de ne pas la perdre elle. Définitivement. À tout jamais. « Et si on commençait à profiter de cette soirée ? Sans se soucier de l'âme de ce lac, de ce paysage. » dit-elle en référence à la scène passée. À la rage déversée de ses mots. À sa colère face à l'attitude de Rob. Profiter avant le lendemain. Profiter avant la suite. Profiter sans se soucier du reste. Pour se sentir libre, ivre, forte, heureuse. Pour se sentir elle. À défaut de se sentir prisonnière d'une union carnassière. « Mais si tu as besoin de percevoir du charme ici, on peut trouver un moyen d'y arriver » dit-t-elle taquine en répondant aux remarques passées de l'homme. Elle l'invite à se rapprocher, à la suivre, à apaiser les tensions récentes. Elle l'invite de ses yeux à l'embrasser encore. À s'abreuver du goût de ses lèvres. De sa peau. À faire d'elle son impératrice pour une nuit. Pour rester à ses côtés jusqu'à la nuit tombée. Jusqu'à ce que le soleil se lève à l'aube. Elle mordille sa lèvre inférieure – sensuelle telle une succube. Alors viens Rob, viens dans ma bulle, viens. Pose ta main sur mon cœur et sens, sens comme il bat. Apprivoise-le, apprivoise-moi.

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when the days are cold and the cards all fold (and the saints we see are all made of gold) when your dreams all fail and the ones we hail are the worst of all and the blood's run stale.
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